Les récents progrès réalisés en traitement du signal ont ouvert la voie au développement de technologies permettant de diffuser autre chose que du son, grâce à la manipulation de certaines fréquences spécifiques (comme pour les lignes téléphoniques dans le cas de l’ADSL).
La bande FM (88 MHz - 108 MHz) à toujours servi à la diffusion du son "analogique" par ondes radios. Hors depuis quelques années, un des tout premier service numérique à fait son apparition sur la bande FM : le RDS (Radio Data System) [1], qui équipe aujourd’hui largement la plupart des autoradios et autres tuners de salon (à l’image du Télétexte qui équipe également les téléviseurs haut de gamme). D’ailleurs quelques constructeurs d’autoradios ont lancés leur propre systèmes de diffusions d’informations numériques par ondes radios, comme Blaupunkt avec des appareils compatibles DAB (Digital Audio Broadcasting).
Il apparaît donc clairement que la radio et tous les autres canaux de diffusion hertziens vont devoir proposer rapidement de nouveaux services "numériques", comme la future TNT (Télévision Numérique Terrestre), et bien sûr la Radiodiffusion Numérique. La technologie emmergente dans ce domaine s’appelle le DAB [2] développé par de nombreuses entreprises européennes.
Digital Audio Broadcasting
Le DAB (Digital Audio Broadcasting) est le terme générique utilisé pour la diffusion numérique, qu’elle soit hertzienne, cablée ou satellitaire.
Le DAB s’appuie sur deux techniques complémentaires, d’un côté le MPEG (Musicam) et le Digicast de l’autre.
Le Procédé de compression audio "Musicam" :
Système de compression en numérique basé sur la technologie MPEG qui épure le signal de tout élément inaudible pour l’oreille humaine. Divise par 10 le poids du signal à émettre, et permet d’obtenir une qualité sonore équivalente au CD audio. Permet aussi d’associer des données (datas) aux programmes sonores, par exemple le titre, la pochette et l’interprète du morceau en cours de diffusion.
Le système "Digicast" :
Supprime les problèmes de réception classique (distorsions, parasites...) en répartissant les signaux temporellement sur plusieurs fréquences. Les informations ainsi transmises séparemment restent liées par codage. Elimine aussi les interférences ; les échos de propagation deviennent un plus en renforçant la qualité de réception, y compris dans les zones dites difficiles, et permet d’envoyer indépendamment des Stream audio (ex : Musicam [3]) et des Packet Datas (ex : PAD [4]).
La diffusion en DAB se fait par bloc. Chaque bloc est en fait un bouquet de programmes et services associés. Contrairement à la diffusion hertzienne ou un programme radio a son émetteur ; ici, plusieurs programmes partagent un unique émetteur. Le débit peut aller jusqu’à 1,7 Mbits/s.
Quelques liens de référence sur le DAB (ou Eureka 147) [5] :
Actualités, infos pratiques et hardware concernant le DAB sur le site vlddiffusion.com (Rubrique DAB)
Site de référence francophone sur la norme DAB
The World DAB Forum
"Succès Mondial Assuré" Article sur la "Radio Numérique Terrestre DAB" qui connaît un fort développement au Royaume-Uni, Allemagne et Canada (tdf.fr)
Radiodiffusion Numérique Terrestre (Senat.fr)
Technologies concurrentes
Malgré le succès émmergent du DAB (à l’image du DVB ou Digital Video Broadcast équipant les décodeurs câble/satellite), de nombreuses technologies concurrentes font leur apparition, émanant de petites sociétés (DARC de Atlantic Radio Systems), comme des plus importantes avec Microsoft et sa toute "nouvelle" technologie intitulée SPOT (Smart Personal Objects Technology).
SPOT est destiné à équiper toute une série d’objets intelligents (porte clef, aimant de réfrigérateur, ...) dont le bracelet montre est la première déclinaison. Conçue en partenariat avec National Semiconductor, cette toute nouvelle plate-forme regroupe une puce basse consommation et un récepteur FM destinée à recevoir des données, à l’instar de ce que peut faire en France Atlantic Radio System.
Baptisée DirectBand™, cette solution permettra à Microsoft de "pousser" des informations en ligne personnalisables (actualité, trafic, bourse, météo, agenda) directement sur l’écran de la montre, concurrençant du même coup des technologies cellulaires comme le WAP/GPRS et l’i-mode.
Prévues pour l’automne 2003 aux Etats-Unis, ces SmartWatches seront dans un premier temps produites par Citizen, Suunto et Fossil et n’hésiteront pas à s’appuyer sur des designers comme le français Philippe Starck. Classiques ou sportives, ces montres disposeront d’écrans LCD noir et blanc d’une résolution 96*120 pixels.
Communiqué de Presse sur la technologie SPOT :
Smart Personal Objects Technology (SPOT)-Based Wristwatches at CES
Site officiel présentant les premiers produits compatibles SPOT : http://www.microsoft.com/resources/spot/