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Wi-Fi le prédateur

samedi 25 janvier 2003

Rien n’arrête Wi-Fi dans sa conquête du marché des réseaux sans fil. Il bouscule Bluetooth et vient de signer l’arrêt de mort de HomeRF.

La guerre dans le sans-fil fait des victimes : HomeRF vient de rendre l’âme, terrassé par Wi-Fi (802.11b). Le consortium qui soutenait cette technologie comptait pourtant des poids lourds de l’industrie, tels que Siemens, Motorola, Compaq ou Proxim. Mais il a annoncé qu’il jetait l’éponge.

Pourtant, sur le papier, HomeRF se révélait supérieur à Wi-Fi, capable, notamment, de transporter la voix et moins sensible au brouillage. Comme son nom l’indique, HomeRF était destiné aux réseaux domestiques, et son débit plafonnait à 2 Mbit/s. Dans un dernier sursaut, était annoncée une version 2.0 à 10 Mbit/s, pour concurrencer les 11 Mbit/s de 802.11b. En vain.

Avant HomeRF, Wi-Fi avait déjà enterré toutes les technologies propriétaires, comme le Wavelan à 800 MHz de Lucent. Son prochain adversaire est Bluetooth. Bien que les deux technologies ne soient pas directement concurrentes, la première pourrait bien repousser la seconde dans ses retranchements.

Présenté, au départ, comme une technologie universelle - notamment dans les réseaux domestiques -, Bluetooth va se trouver relégué aux applications industrielles et aux réseaux strictement personnels (PDA, PC, téléphone portable), Wi-Fi partant à l’assaut des réseaux domestiques (via l’ADSL sans fil) et se plaçant même en technologie de boucle locale (interdite en France, comme il se doit...).

De son côté, Wi-Fi5 - le cousin de Wi-Fi qui fonctionne à 54 Mbit/s dans la bande des 5 GHz (contre 2,4 GHz pour Wi-Fi) - a quasiment étranglé Hiperlan2, son rival européen, toutefois plus élaboré puisqu’il intègre, par exemple, des mécanismes de qualité de service.

Il « survivra » dans la norme 802.11h, celle-ci reprenant quelques-unes de ses spécificités, comme la détection de porteuse avant émission et le contrôle de la puissance émise. Il faut dire que Wi-Fi bénéficie d’un soutien de poids, puisqu’il est normalisé par l’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers), qui règne sur le monde du réseau local.

Cependant, tout conquérant qu’il est, Wi-Fi ferait bien de surveiller ses arrières, car une nouvelle technologie commence à faire parler d’elle : l’Ultra Wide-band (UWB). D’aucuns, comme Philips, parlent d’un débit allant jusqu’à 400 Mbit/s, mais sur une portée de quelques mètres seulement. On l’imagine déjà comme lien entre des ordinateurs en grappe (cluster) ou comme réseau domestique pour la vidéo.


Sur les traces d’Ethernet

Wi-Fi est censé être la version sans fil d’Ethernet. De fait, leurs évolutions se ressemblent fort. Au départ, Ethernet était une technologie de réseau local normalisée par l’IEEE (802.3). Elle a commencé par tordre le cou à des systèmes propriétaires comme Arcnet, de Datapoint. Puis, elle s’en est prise à Token Ring, d’IBM, plus performant, mais aussi plus complexe et plus cher.

Lorsqu’Ethernet est passé à 100 Mbit/s, la cause a été entendue. Ethernet a ensuite avalé FDDI, topologie optique à double anneau à 100 Mbit/s, ancêtre des réseaux métropolitains. Aujourd’hui, Ethernet optique sort du réseau local et s’attaque au monde des télécoms. Si Wi-Fi est utilisé comme technologie de boucle locale, le parallèle sera complet.


Jean-Pierre Soulès


Voir en ligne : 01Net - 24/01/2003

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