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Une expérience de boucle locale électrique !

vendredi 24 octobre 2003

Après des tests concluants, la commercialisation d’un accès à haut débit est imminente à La Haye-du-Puits, premier village de France équipé d’une boucle locale électrique.

En matière de haut-débit, le courant porteur constitue une alternative intéressante à l’ADSL. Le département de la Manche a expérimenté avec succès la boucle locale électrique dans un petit village du Cotentin.

« L’un des utilisateurs les plus assidus d’Internet est le curé », révèle Jean-François Le Grand, président du conseil général et sénateur de la Manche. La Haye-du-Puits avec ses 2 000 habitants, sa ZAC et son église dispose désormais de l’Internet à haut débit.

Depuis trois mois en effet, ce petit village du Cotentin expérimente la boucle locale électrique (BLE), une technologie exploitant les courants porteurs en ligne (CPL), domaine dans lequel la Manche fait figure de pionnière. « Tout comme notre département a besoin d’infrastructures autoroutières, il lui manquait des autoroutes numériques », affirme Jean-François Le Grand. C’est pourquoi, en 2000, le département vote un programme d’équipement Internet évalué à 70 millions d’euros. « Finalement, notre infrastructure devrait coûter deux fois moins cher », constate aujourd’hui le sénateur de la Manche. La recette ? De l’ADSL évidemment, mais aussi des technologies d’accès au haut-débit classiques telles que le Wi-Fi, la BLR (boucle locale radio), le satellite et d’autres plus originales comme les CPL.

La première expérience des CPL indoor a été réalisée dans une école en février 2000, pour y créer un réseau local (LAN). Depuis, tous les collèges du département disposent d’un LAN par le circuit électrique, et le conseil général de la Manche a décidé de mener une expérience outdoor avec la BLE.

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Les courants porteurs en ligne en outdoor
Dans une boucle locale électrique, les données transitent par le réseau électrique d’un quartier jusqu’à une dorsale Internet classique (fibre optique, liaison satellite). À l’intérieur des bâtiments, il suffit d’équiper chaque PC d’un modem CPL.

« En recensant les besoins en haut-débit, nous avons réalisé qu’il y avait une réelle attente. Il a donc fallu faire vite, et la BLE nous a semblé parfaitement adaptée à notre région qui comporte de nombreux territoires très enclavés », souligne Philippe Le Grand, chef de projet à la direction départementale de l’informatique et des inforoutes. De fait, par rapport à l’ADSL, la technologie CPL est beaucoup plus rentable dans les zones à faible densité de population, et apparaît parfois même comme la seule solution technique efficace d’accès à Internet.

Après les tests, la phase commerciale

Le département a choisi trois zones d’expérimentation de la BLE : Cherbourg-Octeville, très peuplée (120 000 habitants), où cependant 10 % du territoire n’est pas couvert par l’ADSL, Agon-Coutainville, qui regroupe plusieurs hameaux dispersés et compte 20 000 habitants, et enfin La Haye-du-Puits. Si, pour les deux premières régions, les tests vont démarrer prochainement, la phase d’expérimentation est désormais terminée à La Haye-du-Puits et l’offre commerciale est prévue cet automne.

Philippe Le Grand, chef de projet à la direction départementale de l'informatique et des inforoutes Pourquoi ce village a-t-il été choisi en priorité ? « Depuis toujours, le département de la Manche fournit en électricité l’île anglo-normande de Jersey, où sont installés deux opérateurs télécoms, Cable & Wireless et Newtel. Or en 1998, nous avions tiré de la fibre optique le long du câble électrique sous-marin. Il se trouve que La Haye-du-Puits est à proximité de ce câble », explique Philippe Le Grand. De plus, le village n’est pas loin de la fibre optique courant le long des lignes haute tension du RTE (réseau de transport d’électricité) entre Cherbourg et Saint-Lô, ce qui permettra l’arrivée d’autres opérateurs et stimulera la concurrence. Pour des raisons juridiques, un retard dans la déclaration d’utilité publique, la fibre optique n’a pu être exploitée (elle le sera lors la phase commerciale). Pour tester la BLE à La-Haye-du-Puits, le département de la Manche s’est par conséquent rabattu sur le satellite pour relier le réseau CPL à une dorsale Internet.

« En mars dernier, nous avons signé un protocole d’accord avec EDF, en lui indiquant la zone que nous voulions couvrir et le débit que nous exigions. EDF s’est chargé de la qualification technique et a choisi Schneider Electric comme prestataire technique, lequel a déployé ses équipements CPL dans les transformateurs », continue Philippe Le Grand. Il ne restait plus qu’à fournir aux clients testeurs (dix entreprises, et dix particuliers) un modem CPL, à brancher entre l’ordinateur et une prise électrique.

De 10 à 15 Mbit/s de débit

Sur le plan technique, la mise en place d’une BLE est soumise à quelques contraintes. « En basse tension (380 V), la portée du signal est limitée à 300 ou 400 m. Il est donc nécessaire parfois de mettre en place un répéteur. Ce ne fut pas le cas pour La Haye-du-Puits, mais nous risquons d’être confrontés à ce problème à Agon-Coutainville », note Philippe Le Grand. À La Haye-du-Puits, cinq transformateurs ont été équipés pour desservir tout le village. Le débit obtenu varie entre 10 et 15 Mbit/s, à partager entre les utilisateurs.

La phase de tests terminée, le département de la Manche va bientôt laisser la place à un FAI. « Nous avons prouvé que le modèle technico-économique des CPL était viable. Aux FAI de faire leurs offres », ajoute Philippe Le Grand. À La Haye-du-Puits, une fois l’offre commercialisée, une centaine de clients au plus est attendue pour la fin de l’année. Les tarifs proposés devraient être comparables à ceux de l’ADSL, même si les coûts pour le FAI sont moindres, ce dernier n’ayant rien à reverser à France Télécom. « EDF percevra bien une redevance qui reflétera les coûts d’installation, mais cette somme sera très modique. Reste que les CPL n’en sont qu’au début de leur industrialisation. Les modems CPL sont trois fois plus chers que leurs homologues ADSL », conclut Philippe Le Grand.

Pierre Berlemont


La Haye-du-Puits

Commune de la Manche (50) de 2 000 habitants.
Expérimentation de la BLE proposée par le conseil général de la Manche.

Budget : 70 millions d’euros pour le programme d’investissement en infrastructure haut débit.

Le calendrier du projet
- Février 2000 : le département de la Manche teste la technologie CPL en réseau local dans une école.
- Décembre 2000 : le conseil général de la Manche vote un budget pour équiper le département de liaisons à haut débit.
- Mars 2003 : décision de tester la boucle locale électrique à La Haye-du-Puits.
- Juin 2003 : début de l’installation (durée une semaine). Automne 2003 : lancement de l’offre commerciale.

Les coûts
350 000 euros pour équiper les cinq transformateurs électriques. 3 100 000 euros d’études techniques et économiques pour les trois zones de tests. 350 000 euros pour l’achat des modems CPL pour l’ensemble des sites de tests. 330 % des dépenses à la charge du conseil général, le reste étant assumé par des aides (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale, Europe, Caisse des dépôts et consignations).

Les gains
- Accès Internet à haut débit accessible à des territoires non couverts par l’ADSL.
- Installation ne nécessitant pas d’investissements importants.
- Le prix des matériels devrait baisser une fois la technologie largement industrialisée.


Voir en ligne : Article de 01Net - 23/10/2003

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