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P2P : la fin d’eDonkey

vendredi 30 septembre 2005

La RIAA a obtenu ce qu’elle voulait : MetaMachines arrête le développement de sa célèbre plate-forme. Mais l’essor du peer-to-peer ne devrait pas être stoppé pour autant.

eDonkey jette l’éponge ! Dans un déclaration laconique faite à la Commission judiciaire du Sénat américain, le responsable de MetaMachines, éditeur de la plate-forme d’échange en mode peer-to-peer a annoncé son intention de cesser le développement du célèbre logiciel. Une victoire de taille pour la RIAA, la MPAA et toutes les associations défendant bec et ongle les revenus des Majors du divertissement.

La décision semble presque logique. En juin dernier, la Cour suprême américaine estimait que les sites P2P peuvent être tenus responsables de piratage des droits d’auteur par les internautes. Pour la première fois, on pourra attaquer les créateurs d’une technologie pour l’usage qui en est fait !

Les neuf juges de la plus haute juridiction américaine ont estimé à l’unanimité que "les développeurs de ces logiciels (P2P) violent la loi fédérale sur le copyright quand ils fournissent aux usagers d’ordinateurs les moyens d’échanger les fichiers de musique et de films téléchargés sur internet", selon le texte de la décision.

En clair, les propriétaires de ces plates-formes, désormais illégales, pourront être attaqués juridiquement par les Industriels du divertissement. La répression pourra ainsi se porter sur ces exploitants et non plus seulement sur les internautes.

La situation des éditeurs de logiciels P2P, qui ne servent pas seulement à échanger des fichiers illégaux, devenait ainsi intenable.

La RIAA, principale organisation professionnelle de l’industrie du disque aux Etats-Unis, n’a pas manqué d’exploiter la porte ouverte. Sept réseaux d’échange ont ainsi reçu une lettre de menace explicite les invitant à bloquer le contenu illégal circulant sur leurs réseaux. Parmi eux, BearShare, LimeWire et WinMX.

Il y a quelques jours, WinMX ne répondait plus, eDonkey fermait ses bureaux de New York. Quant à Grokster, il a annoncé être en contact avec Mashboxx pour un éventuel rachat.

Pour eDonkey, la messe est donc dite. La plate-forme ne sera plus mise à jour, le développement arrêté, la société fermée. Mais cette décision n’implique pas la fin du P2P. Au contraire.

Dans sa déclaration, Sam Yagan, responsable de MetaMachines souligne que les actions menées par la RIAA seront finalement assez vaines. Il explique que des applications P2P plus pointues, anonymes et surtout non-américaines verront bientôt le jour.

"Avec beaucoup d’applications P2P à l’étranger ou tout simplement celles rendues open-source, les entités qui finissent par être les plus dévastées par la décision de la Cour Suprême seront celles - comme nous - qui installent leur commerce aux Etats-Unis, qui obéissent aux lois américaines, qui paient leurs impôts et, au moins dans le cas d’eDonkey, qui ont essayé d’obtenir des licences sur les contenus de l’industrie du divertissement. Je crains que les gagnants ne soient pas les labels et les studios, mais plutôt les développeurs de P2P étrangers, underground et malhonnêtes qui auront juste perdu une douzaine de leurs plus gros concurrents", conclut Yagan.

Par ailleurs, les millions de logiciels eDonkey mais aussi eMule (qui utilise le réseau eDonkey) installés sur des millions de postes continueront à fonctionner. Même si l’éditeur met la clé sous la porte, cela grâce aux serveurs indépendants.

Car les internautes plébiscitent ce moyen d’échange. Selon une étude de Sandvine, spécialiste des équipements pour le contrôle du trafic réseau, le P2P est un phénomène mondial qui continue à évoluer et à prendre de l’ampleur. En Europe, le téléchargement P2P représente environ 60% de toute la bande passante.

"Après les nombreuses actions judiciaires menées par l’industrie cinématographique au début de l’année, il y a eu un gros frein dans l’utilisation de BitTorrent", explique Chris Colman, Directeur de Sandvine EMEA. "Mais la croissance reprend avec l’émergence de nouveaux sites de téléchargement."

Et d’ajouter : "Le trafic P2P est là pour rester". Ce qui ne semble pas être l’avis des Majors et de la RIAA...

CacheLogic estime de son côté que les transferts P2P représentent aujourd’hui entre 50 et 70% des échanges de données sur Internet ! Il y a un an, CacheLogic estimait que ces transferts représentaient 50% du trafic.

Enfin, MetaMachines pourrait rebondir avec une nouvelle plate-forme connue sous le nom de code eSheep et éditée par une nouvelle société composée des mêmes hommes.


Voir en ligne : Article de Silicon.fr - 29/09/2005

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