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Les jeux vidéo français touchent un bonus

lundi 15 décembre 2003

Le gouvernement annonce un nouveau fonds de production de trente millions d’euros destiné à aider les éditeurs. Qui militent toujours pour plus de flexibilité.

Adibou va découvrir l’argent de poche. En visite dans les studios franciliens de Coktel, spécialisés dans le ludo-éducatif, Nicole Fontaine, ministre déléguée à l’Industrie, en a profité pour revenir sur les mesures d’aide au jeu vidéo annoncées au printemps par Jean-Pierre Raffarin, et a annoncé la mise en place de financements supplémentaires pour 2004. Les dossiers délicats, comme la création de nouveaux types de contrats de travail, avancent, eux, plus prudemment.

Le travail a en effet été scindé en plusieurs parties. Fabrice Fries, un ancien de Vivendi Universal, actuellement affecté à la Cour des Comptes, remettra ainsi à Nicole Fontaine, en début d’année, un rapport sur le financement des jeux vidéo.

D’ores et déjà, la Ministre a annoncé la création d’un fonds de production, qui devrait être alimenté à hauteur de 30 millions d’euros. Réparti sur cinq à six jeux par an, il devrait concerner des projets de sociétés établies. Le rapport préconise toutefois que ces financements se fassent en coproduction avec les éditeurs.

Les petits projets seront moins gâtés. En 2003, quatre millions d’euros avaient été mis à disposition du Fonds d’aide à l’édition multimédia (FAEM), un dispositif qui a aidé 23 préproductions. Mais, pour Nicole Fontaine, « l’effort consenti cette année a été exceptionnel » .

Le Sell voudrait lui aussi des « intermittents »

En 2004, le FAEM financera donc les jeux vidéo à hauteur de trois millions d’euros, soit un million d’euros de moins. Ce n’est pas un problème majeur pour le Sell, le syndicat regroupant les principaux éditeurs hexagonaux de jeux vidéo, qui s’inquiète plus de la destination de ces fonds que de leur quantité.

« L’argent du FAEM est attribué par le ministère de la Culture. Et celui-ci aime trop les projets "cultureux", qui ne sortiront jamais de France », a déclaré Jean-Claude Larue, le délégué général du Sell, « Or le marché français est trop petit, il faut des productions internationales. »

Le grand Salon hexagonal du jeu vidéo, qui aurait du se tenir en 2004, semble, lui, avoir du plomb dans l’aile. Son financement reste très incertain, soumis aux résultats économiques d’éditeurs français plutôt mal en point actuellement. Par contre, le projet d’Ecole nationale des médias interactifs est, lui, toujours d’actualité et devrait être dévoilé en début d’année prochaine.

Reste le sujet qui fâche. Le Sell milite en effet activement pour la création d’un contrat de projets permettant de n’employer les salariés du secteur que durant la création d’un jeu. « A l’instar du cinéma, quand on fait un jeu vidéo, on n’est pas engagé pour la vie », précise Jean-Claude Larue.

Vivendi Universal Games vante les exemples canadiens et, surtout, coréens. « Je viens de créer 800 emplois à Séoul, explique Christophe Ramboz, son président à l’international. Et sans avoir besoin d’aides, avec beaucoup de flexibilité. Là-bas, il n’y a pas de RTT. »

Un discours proche de celui des patrons de SSII , qui font eux aussi pression sur les pouvoirs publics pour obtenir la création en 2004 de contrats de mission flexibles à volonté.

Ludovic Nachury


Voir en ligne : Article de 01Net - 12/12/2003

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