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Le SDSL prend son envol

lundi 12 mai 2003

France Télécom commercialise enfin ses offres SDSL. Le pendant symétrique de l’ADSL prend ainsi une dimension nationale. Économique, il doit toutefois vaincre la défiance des entreprises.

Le SDSL (Symmetric Digital Suscriber Line) peut enfin prétendre à une carrière nationale. Déjà proposé au compte- gouttes dans certaines agglomérations par les acteurs du dégroupage, il fait désormais partie du catalogue de France Télécom, qui lui accorde la même couverture que l’ADSL, soit 75 % de la population. L’opérateur historique commercialise ses services SDSL en direct par l’intermédiaire d’Oléane, mais également auprès des opérateurs concurrents, qui exploitent son offre Turbo SDSL pour vendre leurs propres services à l’échelle nationale.

Le SDSL présente un double intérêt : comme l’ADSL, il utilise une infrastructure existante - les paires de cuivre du réseau téléphonique -, mais il exploite une bande de fréquence plus large sur le cuivre pour obtenir des débits symétriques (lire encadré). La voie montante peut donc enfin être utilisée à plein, ce qui en fait une technologie particulièrement indiquée pour les entreprises ; elle leur est réservée pour l’instant.

Une concurrence pour les LS et l’ADSL

La plupart des opérateurs ont prioritairement intégré le SDSL en tant que support d’interconnexion de sites, avec ou sans RPV. « Le SDSL est un véritable outil d’entreprise, qui contribuera à leur « intranetisation » » , professe Jean-Paul Jeandon, directeur Transmissions de données chez France Télécom. Applications client léger ou « webisées » , sauvegardes en ligne, flux vidéo, outils de travail de groupe... De multiples applications bénéficieront en effet de cette symétrie. Les sites centraux d’entreprise hébergeant des serveurs, notamment les serveurs web, sont des cibles de choix. Simple à déployer et relativement peu coûteux, le SDSL concurrence potentiellement les lignes spécialisées (LS), dont le coût dépend notamment de la longueur du raccordement jusqu’à un point de présence (POP) de l’opérateur. « Les LS perdureront quoi qu’il arrive , affirme Jérôme Dilouya, responsable marketing produit d’Easynet. Elles permettent d’aller bien au-delà de 2 Mbit/s, alors qu’il faut agréger plusieurs liens SDSL pour y parvenir, et cette manipulation est délicate. » De plus, le débit du SDSL souffre encore plus que l’ADSL de la distance entre l’entreprise et le central de France Télécom : au-delà de 2,5 km, difficile de garantir 2 Mbit/s... La LS est alors requise.

La différence de coût entre les deux supports est malgré tout séduisante. Chez Easynet, une LS de 3 km à Paris est facturée environ 1 600 e ht par mois (hors installation et routeur) pour 2 Mbit/s, contre 895 e ht en SDSL dégroupé. Mais le différentiel est fonction de la distance entre l’entreprise et le POP le plus proche. « Dans certaines configurations, nos LS à 2 Mbit/s sont moins coûteuses que les liens Turbo SDSL à 2 Mbit/s garantis, car nous avons 160 POP en France » , précise Nicolas Tarin, responsable marketing réseaux d’entreprise chez Cegetel. Oléane estime, lui, que le SDSL empiétera surtout sur le marché de l’ADSL, mais entraînera « un minimum de conversion » . Les opérateurs SDSL, qui revendent tous des LS, ne semblent pas craindre la perméabilité entre les deux marchés. Colt avoue dégager un peu plus de marge sur les services SDSL mais, « convertir nos clients LS au SDSL n’est pas une priorité commerciale. C’est tout au plus une démarche de fidélisation » , affirme Vincent Baïf, chef de produit Internet chez Colt.

La LS dispose d’un dernier atout : sa réputation. Considérée comme le nec plus ultra en termes de qualité de service, elle sera difficile à déboulonner de son piédestal. Logiquement assimilé à l’ADSL, donc connoté grand public, le SDSL doit donc faire ses preuves en matière de QoS. Pour la plupart des opérateurs, celle-ci n’a rien à envier à celle des LS : « Il faut savoir que France Télécom utilise depuis longtemps un dérivé, le HDSL, sur ses LS Transfix en local... » , glisse Olivier Dubesset de 9Telecom. « Le seul problème est que si un répartiteur de France Télécom tombe, toutes les entreprises raccordées sont touchées d’un seul coup » , ajoute-t-on chez Easynet. Les opérateurs investis dans le dégroupage (Colt, Easynet, LDCOM/9Telecom) conjuguent leurs propres offres SDSL à celles issues de la collecte Turbo SDSL, dont le seul but est de toucher rapidement toute la France. Attendue depuis longtemps, l’offre de France Télécom a été retardée pour des raisons techniques et réglementaires, puisqu’elle devait être disponible dans tout l’Hexagone dès le départ. « LDCOM a aussi retardé le processus en faisant appel à l’ART, pour que France Télécom ne ``tue’’ pas le dégroupage qui démarrait » , commente un opérateur. Avec 18 000 lignes dégroupées seulement au compteur, les opérateurs alternatifs ont intérêt à mettre les bouchées doubles...


Améliorer le SDSL
L’ADSL utilise une bande entre 20 kHz et 1,1 MHz sur la paire de cuivre, libérant la bande 0-4 kHz de la voix analogique. Le SDSL est appliqué dès 0 kHz et au-delà de 1,1 MHz : une seconde paire doit donc être raccordée pour le RTC. L’utilisation de hautes fréquences réduit la portée du SDSL (2 km pour 2 Mbit/s, si le câble a un diamètre de 0,4 mm) et augmente le risque d’interférences, donc de perte de paquets. Des travaux sont en cours pour libérer la bande 0-4 kHz, augmenter la portée et le débit en passant d’une modulation PAM 16 à 8 ou 32, et réduire les interférences. L’annulation de « bruit » est déjà pratiquée en cas d’agrégation de liens.

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Une technologie qui simplifie l’interconnexion de sites
Le SDSL offre aux sites centraux le débit montant dont ils ont besoin pour alimenter leurs sites secondaires en flux applicatif ou répondre aux requêtes des internautes s’ils hébergent un serveur web. Suivant les cas, les sites secondaires peuvent se contenter d’une ligne Numéris, ADSL ou recourir à une LS, s’ils sont trop éloignés d’un central France Télécom. Par ailleurs, un lien SDSL est tout indiqué pour passer à la voix sur DSL.

Voir en ligne : Article de 01Net - 12/05/2003

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