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La vulnérabilité des réseaux P2P pourrait conduire à des erreurs judiciaires

vendredi 3 octobre 2003

Une étude technique très poussée jette un sérieux discrédit sur la stratégie des producteurs de musique pour contrer l’usage des logiciels peer-to-peer (P2P). Il serait en effet aisé d’usurper des identités pour accuser à tort une autre personne.

Plusieurs problèmes de sécurité dans les réseaux d’échanges de fichiers P2P permettent d’usurper l’identité d’un internaute afin de pirater des fichiers. Ce qui permet à une personne accusée d’avoir illégalement échangé des fichiers de nier toute implication.

Après avoir tenté en vain d’interdire les logiciels d’échange de fichiers via les réseaux "peer to peer" (P2P), les majors hollywoodiennes ont lancé récemment une salve de plaintes à l’encontre de simples internautes soupçonnés de piratage.

La plupart de ces internautes ont accepté un arrangement à l’amiable en s’acquittant d’une amende forfaitaire. Mais quelques autres, accusés à tort (semble-t-il) ont décidé de contre-attaquer et souhaitent aller au procès. L’accusation devra alors démontrer leur culpabilité, ce qui pourrait s’avérer problématique.

Incriminer à tort des internautes

Le 27 septembre dernier, un message posté sur la liste de discussion "Full Disclosure", consacrée à la sécurité informatique, annonçait la publication d’une étude intitulée "P2P Entrapment : Incriminating Peer to Peer Network Users" (Obstruction du P2P : de l’art d’incriminer les utilisateurs des réseaux d’échanges de fichiers).

L’étude, anonyme, très technique et basée sur le logiciel Gnutella, avance qu’il est possible d’incriminer à tort des utilisateurs des réseaux P2P. La conception même de ces réseaux, ainsi que des failles de sécurité dans les protocoles utilisés permettraient en effet de créer ou manipuler des données pouvant servir de "preuves" lors d’un procès.

De même que l’internet n’a pas été conçu pour être un réseau sécurisé (il est possible d’y usurper l’identité d’un internaute, de pirater son ordinateur, de modifier, intercepter et altérer des flux de données) les réseaux d’échange de fichiers P2P sont eux aussi plus ou moins facilement sujets à ce type d’actions malveillantes.

En cas de procès dans une affaire d’échanges de fichiers, l’accusation aurait à démontrer la culpabilité de l’internaute incriminé. Or, l’auteur de l’étude avance que "toute tentative d’identifier un contrevenant au moyen de ses recherches, requêtes, envois ou échanges de fichiers illégaux est entachée d’erreurs et d’inexactitudes".

De l’art de se défendre, ou d’attaquer

Les failles de sécurité qu’il détaille permettent d’accuser un innocent, non seulement s’il n’a pas installé les "patchs" de sécurité corrigeant les problèmes exposés, mais aussi dès lors que d’autres utilisateurs des réseaux P2P utilisent des logiciels non "patchés".

Autrement dit, il serait impossible de pouvoir incriminer qui que ce soit, sauf à pouvoir examiner le contenu de son disque dur. L’article a d’ailleurs clairement été écrit en vue de servir de ligne de défense aux utilisateurs qui feraient les frais d’un procès.

L’auteur rappelle que les opposants au P2P, notamment la Recording Industry Association of America (RIAA), ont déclaré vouloir s’attaquer aux ordinateurs des utilisateurs ainsi qu’aux réseaux d’échanges de fichiers et aux protocoles utilisés. Ils ont également annoncé vouloir diffuser sur les réseaux des fichiers altérés, qui viendraient s’ajouter au nombre exponentiel de virus, chevaux de Troie et autres programmes malveillants que l’on peut déjà y télécharger.

Interrogés par le News Scientist, plusieurs professionnels des systèmes d’échanges de fichiers P2P confirment la validité de ce genre de procédés. Ils rappellent cependant que le moyen le plus simple de parvenir à incriminer un innocent est encore d’installer un "cheval de Troie" (logiciel permettant à de prendre le contrôle à distance d’un ordinateur) dans le PC de la personne visée.

Jean-Marc Manach


>P2P Entrapment : Incriminating Peer to Peer Network Users (fichier pdf - 72 ko)
http://members.ozemail.com.au/123456789/p2p_entrapment.pdf

>Incriminating innocent peer to peer network users
http://lists.netsys.com/pipermail/full-disclosure/2003-September/011042.html


Voir en ligne : Article de Transfert.net - 02/10/2003

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