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La télévision sur ADSL en 12 questions

mercredi 5 novembre 2003

Il n’y aura bientôt plus besoin d’antenne, ou de câble pour regarder les programmes hertziens et chaînes du satellite. Ces derniers emprunteront bientôt, comme les données de l’internet, le fil du téléphone et arriveront sur le petit écran via l’ADSL.

Après la voix, la ligne téléphonique s’est progressivement ouverte à d’autres usages : Minitel, transmission fax et informatique selon différents protocoles (X/Y/Zmodem), puis connexion à l’internet à un débit croissant (14,4 kbps au début). L’arrivée de l’ADSL a marqué un premier tournant, autorisant sur une ligne téléphonique classique (ou RTC ligne commutée analogique, à distinguer de la ligne numérique RNIS Numeris) des vitesse de connexion à faire rêver. L’ouverture de la liaison ADSL pour la transmission de données non informatiques (télévision par ADSL) pourrait constituer un nouveau pas important. C’est en tout cas l’avis de différents fournisseurs d’accès et opérateurs télécoms, qui planchent sur la question. Aujourd’hui, la télévision par ADSL est en passe d’être commercialisée. Le couple France Télécom TPS ouvrant la danse avec son offre TPSL (nom provisoire), suivi de près par Free et Canal Plus. Cette nouvelle façon de distribuer des programmes de télévision pose bien des questions. À noter pour l’anecdote que la ligne téléphonique et le câble ont convergé en faisant chacun le chemin inverse (télévision, Internet, puis téléphonie pour le câble).

Pourquoi maintenant ?
La réponse tient à plusieurs facteurs. La première raison est d’ordre technique. Il fallait déjà que les réseaux ADSL soient capables d’absorber le surcroît de charge généré par les données véhiculées par la télévision. Cette dernière réclame en effet un taux de transfert de 3 à 4 Mbps, qui, comparé aux offres grand public les plus rapides (1024 kbps), laisse rêveur. Même si la technologie est d’ores et déjà capable de délivrer des débits autrement plus importants. Ainsi, les abonnés Free en zone dégroupée situés à proximité d’un central téléphonique le savent déjà. Leur taux de téléchargement pouvant atteindre en pratique quelque 2,5 Mbps ! Et ce n’est qu’un début. France Telecom projette de proposer des abonnements 16 Mbps aux internautes habitant à moins de 300 mètres d’un central téléphonique. Quant aux Japonais, ils pourront bénéficier, dans un avenir proche, de lignes ADSL à 100 Mbps !
La seconde raison est stratégique et commerciale. Le réseau par satellite, TPS indique ainsi une pénétration difficile de la télévision par satellite dans les villes, du fait de la concurrence du câble et des restrictions d’installation d’antennes en milieu urbain. La télévision par ADSL permettrait ainsi à la filiale de TF1 de trouver un nouveau débouché.

Comment ça marche ?
La transmission des données vidéo s’effectue sur la ligne ADSL, selon un codage différent de celui des données internet, ce qui évite toute interférence. Les concepteurs de TPSL ont finalement opté pour un codage classique en MPeg-2, après avoir écarté le MPeg-4 (base du DivX). Les informations reçues sont traitées par un décodeur (séparé ou intégré au modem ADSL selon les offres) et envoyées directement au poste de télévision, via une connexion Peritel.

Quand pourrai-je m’abonner aux offres de télévision par ADSL ?
L’offre TPSL sera disponible à Lyon à la fin de l’année, puis à Paris au printemps 2004 avant d’être étendu au reste de l’hexagone. Cette disponibilité progressive est due en partie à la nécessité d’équiper les multiplexeurs des centraux téléphoniques (DSLAM) d’un composant dédié à la vidéo par ADSL. Du fait de l’alliance avec l’opérateur historique, TPSL pourrait être aussi disponible, à terme, dans les zones non dégroupées. L’offre Free sera lancée au début 2004, exclusivement dans les zones dégroupées pouvant utiliser la Freebox. Canal Plus pour sa part annonce qu’il proposera une offre de télévision par ADSL dès que TPSL sera commercialisé, sans précision supplémentaire quant au calendrier et aux villes couvertes.

Où pourrai-je m’abonner ?
Le pack TPSL sera disponible dans les points de vente agréés (distributeurs spécialisés, grandes surfaces, installateurs, boutiques France Télécom). Il faudra souscrire deux abonnements : l’un pour la ligne télévision par ADSL et l’autre pour le bouquet retenu dans les offres TPS. À cela s’ajoute l’abonnement à la ligne Internet ADSL, indépendant. L’offre de Free sera disponible sur le site de l’opérateur. Elle ne concerne que le bouquet de télévision choisi, sans abonnement ADSL supplémentaire pour la télévision. Les abonnées en zone dégroupée pourront, sans le moindre abonnement, bénéficier des chaînes gratuites diffusées par l’opérateur. Quant à l’offre Canal Plus, il faudra attendre pour en savoir un peu plus.

J’ai une ligne ADSL à 512 kbps. Est-ce que cela va suffire ?
La question ne se pose pas en ces termes. Le problème diffère selon l’offre les opérateurs. Pour TPSL, l’abonné doit souscrire un abonnement à une ligne ADSL dédiée à la vidéo. Ce dernier, ne concernant que la télévision, ne modifie en rien l’abonnement à l’internet, qui doit d’ailleurs être souscrit indépendamment.
Chez Free, la télévision par ADSL ne concerne que les abonnés en zone dégroupée, équipés d’une Freebox (modem ADSL de Free en zone dégroupée) et disposant déjà d’une connexion à 1024 kbps.

Est-ce qu’il faudra modifier l’installation ?
La ligne ADSL elle-même ne nécessite aucune modification chez le particulier (les adaptations pour TPSL s’effectuent dans les centraux téléphoniques). Pas de modification à effectuer non plus sur les prises ou les filtres. Les titulaires d’un abonnement à l’ADSL internet n’auront donc pas de souci à se faire. Pour les nouveaux abonnés, la restriction de distance entre l’abonné et son central téléphonique reste sensiblement la même que pour l’ADSL Internet : pas plus de 3 kilomètres. Les abonnés à la télévision ADSL de Free n’auront même pas à changer quoique ce soit d’autre. Il leur suffira de connecter leur Freebox à la télévision via le câble Peritel/Peritel fourni. En revanche, dans l’offre TPSL, le matériel doit être adapté. D’une part, le modem ADSL standard devra céder la place à un modem multiVC (Virtual Channel), capable de séparer les données informatiques des données vidéo. Ceux qui ont déjà acquis un modem ADSL classique en seront pour leur frais. D’autre part, il leur faudra adjoindre un décodeur, à louer ou acheter (non encore précisé, mais sans doute les deux possibilités seront proposées à terme).

Les prix ?
Les tarifs des bouquets TPS ADSL devraient être comparables à ceux du câble et du satellite, mais les coûts de location/achat du modem multiVC et du décodeur ne sont pas fixés. Chez Canal Plus, on annonce aussi un ordre de grandeur similaire aux autres offres de télévision (câble/satellite), sans autre précision. Le coût des bouquets n’est pas connu chez Free. Mais ici pas d’autre frais, ni d’abonnement à une ligne ADSL vidéo, ni de location/achat d’un nouveau modem et d’un décodeur, la Freebox étant fournie gratuitement en zone dégroupée.

De quelle configuration informatique aurai-je besoin ?
D’aucune ! La télévision par ADSL se connecte directement au téléviseur, via un décodeur, sans passer par un ordinateur, exactement à la manière de la télévision par câble ou satellite.

Est-ce que je pourrai continuer à surfer pendant que ma famille regarde la télévision par ADSL ?
Tout à fait. Les deux activités sont totalement indépendantes. Le modem se charge de séparer les données internet et TV reçues. Les premières seront traitées par l’ordinateur, tandis que les secondes le seront par le décodeur (intégré à la Freebox dans le cas de Free) et envoyées directement au téléviseur. Tout cela sans que la ligne téléphonique classique ne soit affectée. L’usage de la télévision par ADSL ne monopolise pas la ligne (comme en ADSL Internet). On peut donc simultanément regarder la télévision ADSL, surfer sur Internet et téléphoner/faxer/consulter le Minitel.

L’abonnement à la télévision ADSL est-t-il soumis à la redevance ?
Pas du tout. La redevance ne concerne que les appareils de visualisation équipés d’un tuner TV (téléviseurs en pratique) et non le moyen de transfert des informations TV. Tout comme l’abonnement à la télévision par câble ou satellite, la télévision par ADSL est indépendante de la redevance.

Comment enregistrer la télévision par ADSL ?
L’enregistrement s’effectuera sur un périphérique d’enregistrement vidéo classique (magnétoscope et autre enregistreur DVD), à moins de disposer d’un décodeur incorporant un disque dur. TPSL devrait en effet laisser le choix entre le décodeur simple (pas de fonction évoluée) et le décodeur Platinium à disque dur incorporé autorisant l’enregistrement des émissions et le time-shifting (lecture en léger différé). Le décodeur Platinium pourrait toutefois n’être proposé que dans un second temps, du fait de problème d’approvisionnement. On peut imaginer que Canal Plus fera de même avec son PilotTime.

Et dans le futur ?
TPSL et Free devrait proposer dans un second temps de la télévision et/ou vidéo à la demande. Toutefois, une telle offre nécessite une infrastructure réseau puissante. En télévision par ADSL, les informations ne sont envoyées qu’une seule fois et distribuées par Multicast à tous les abonnés. En télévision/vidéo à la demande, le nombre d’informations circulant croit avec le nombre des requêtes des abonnés, ce qui pourrait conduire à une saturation du réseau. Une solution évoquée consisterait à stocker l’ensemble du film en local (au niveau des centraux téléphoniques par exemple) pour limiter la charge de la bande passante, à la manière des proxy des FAI.

Jacques Harbonn


Voir en ligne : Dossier de ZDNet - 27/10/2003

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