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La SNCF lance les premiers contrôleurs sans-fils !

mercredi 7 mai 2003

Pour l’instant, ce n’est encore qu’une expérimentation, limitée à la région ferroviaire rattachée à la gare du Nord. Mais en phase opérationnelle, la vie quotidienne des 12 000 agents du service commercial trains (ASCT, contrôleurs) de la SNCF va en être bouleversée. Il s’agira alors du plus vaste déploiement de terminaux nomades réalisé en France dans une même entreprise.

Le projet, baptisé Accelio, a suivi l’évolution de la profession. L’ancien nom de "contrôleur" correspondait à l’unique mission jadis confiée aux actuels ASCT : le contrôle de la validité des titres de transport. Ce rôle de police, s’il reste dominant chez les agents chargés des trains de banlieue, a cédé en importance devant une véritable mission commerciale. Aujourd’hui, l’ASCT doit aussi renseigner (horaires de train, offres commerciales…), vendre (émission de titres de transport) et assurer l’après-vente (communiquer sur l’état du trafic, informer sur les retards…).

Pour assurer toutes ces missions, un ASCT a actuellement besoin de 13 kilos de documents et de matériels : pince à composter, TPE (terminal de paiement électronique), horaires de train, formulaires de verbalisation, carnets de titres de transport… L’évolution des titres de transport, de la politique commerciale et des attentes des voyageurs rendait tout ce matériel insuffisant. En outre, la SNCF souhaitait revaloriser la profession et rompre l’isolement physique des ASCT, dispersés et peu joignables. Déjà, à la suite des tempêtes de l’hiver 1999-2000, les ASCT ont été munis de téléphones portables GSM. Un outil qui est venu s’ajouter à une panoplie déjà bien encombrante.

Pour lutter contre la multiplication des outils, le terminal Accelio concentre un maximum de fonctionnalités en un minimum de place et de poids. Il s’adapte pourtant aux évolutions tant du métier de l’ASCT que des titres de transport ou des pratiques des voyageurs.

En 1995, un premier projet avait été abandonné. A cette époque, l’informatique nomade n’était pas techniquement prête. Le produit conçu était lourd, peu pratique, non communicant, avec une faible autonomie… Cependant, le personnel s’était montré très intéressé. Le terminal Accelio actuel bénéficie des progrès techniques réalisés depuis lors dans le domaine du nomadisme. Il a ainsi pu être construit autour de solutions du marché, tout en étant capable d’évoluer avec l’environnement technique et fonctionnel du projet. La plate-forme mobile retenue est celle d’un PDA (Personal Digital Assistant, assistant personnel électronique) sous Windows Pocket PC 2002, avec des logiciels écrits en Visual Basic (voir encadré ci-dessous).

Une synchronisation quotidienne par liaison Wi-Fi

Son principe de fonctionnement est simple. Lors de sa prise de service et à la fin de sa journée de travail, l’ASCT synchronise d’un simple clic le contenu de son propre terminal Accelio avec les systèmes centraux de la SNCF par liaison Wi-Fi. L’ASCT dispose ainsi d’une messagerie (un outil idéal pour diffuser des informations de service comme le planning de travail), d’une information à jour sur les horaires des trains et, d’un même geste, il délivre le compte rendu de son activité (titres de transport vendus, amendes infligées…). A terme, une connexion permanente de l’Accelio peut être envisagée (par GPRS, voire UMTS), lui permettant de remplir ses missions en temps réel.

Accelio intègre aussi des pages de l’intranet du groupe et un carnet d’adresses utiles : pompiers et police en cas d’incident, possibilités d’hébergement pour des voyageurs bloqués… Au-delà de ces applications connexes, l’emploi d’un outil informatique devient indispensable pour la seule fonction de contrôle. En effet, des titres de transport tels que le passe sans contact francilien Navigo (carte électronique d’abonnement) ne peuvent être contrôlés visuellement que grâce à un ticket d’accompagnement. Or, ce dernier est destiné à disparaître. De même, les voyageurs utiliseront dans les prochaines années des titres de transport dématérialisés, mémorisés, par exemple sur la carte Grand Voyageur. Le terminal Accelio sera, dans sa version généralisée, muni d’un module de lecture de ces cartes.

Autant de possibilités qui suscitent quelques questions. Notamment celle-ci : l’utilisation d’un outil de ce type ne va-t-elle pas modifier à l’excès les habitudes de travail, suscitant un rejet de la part des personnels concernés ? "L’interface homme/machine autant que les concepts de base du projet ont été discutés et validés par quarante ASCT issus des vingt-trois régions SNCF. Il y a une véritable attente du personnel : Accelio est pratique et valorisant", précise Pascal de Saulieu, chef du département système d’information "trains" et responsable du projet côté maîtrise d’œuvre. La maîtrise d’ouvrage, elle, a été confiée à un autre service interne, le département système d’information voyageurs, situé à Nantes. Le projet y a été mené par une équipe de quinze personnes sous la responsabilité de Dominique Orcel.

Le projet Accelio a donc été entièrement conçu en interne, avec le soutien d’experts techniques issus des fournisseurs (Microsoft, Compaq). Le coût d’équipement de chaque ASCT sera supérieur à ce qu’il est actuellement, mais la SNCF ne veut pas s’en tenir à de simples chiffres. "L’introduction de tels outils est liée aussi à l’évolution du métier, commente Pascal de Saulieu. La rentabilité intrinsèque d’Accelio est ainsi difficile à calculer. Cette question est de toute façon moins importante pour nous que l’impact en matière d’organisation et de management."

Autre interrogation : la sécurité des ASCT sera-t-elle garantie lorsqu’ils se rendront dans des zones difficiles avec un matériel convoité ? "Le terminal sera marqué en dur avec le sigle SNCF, le rendant impropre à la revente. Nous pensons également verrouiller son accès par un mot de passe", indique Pascal de Saulieu, qui poursuit : "Le plus important pour nous est d’interdire l’émission de titres de transport à partir d’un terminal Accelio volé." Sur ce point, tout a été prévu : "Nous pouvons, techniquement, désactiver cette fonctionnalité à distance." Les PDA durcis constitueraient aussi une réponse : plus solides, moins beaux, ils seraient moins tentants pour des voleurs. Mais aussi plus lourds pour les utilisateurs… Reste encore une étape dans la mise en œuvre de ce projet : "Avant de procéder au déploiement, nous allons devoir gérer un appel d’offres pour plus de 12.000 équipements", conclut Pascal de Saulieu.


Le calendrier d’Accelio
• 1995 : le projet Accelio 1 est construit autour d’un PC mobile Intel 486/Windows 95. Lourd, doté d’une faible autonomie, non communicant, peu pratique, non évolutif, il est abandonné.
• Novembre 2001 : relance du projet Accelio, en prenant en compte les avancées techniques.
• Deuxième trimestre 2002 : choix de la plate-forme Pocket PC 2002.
• Quatrième trimestre 2002 : démonstrateur mis en place sur le réseau de la gare Paris-Nord.
• 2003 : ultimes ajustements techniques, choix des matériels par appel d’offres.
• 2004 : déploiement d’Accelio sur tout le réseau SNCF, en commençant par la région parisienne. A cette date, le passe sans contact Navigo sera généralisé sur les transports d’Ile-de-France.

Le projet Accelio en chiffres
• 12 000 contrôleurs (ASCT) concernés à terme.
• Un développement réalisé par une équipe de 5 personnes à la maîtrise d’œuvre, 15 personnes à la maîtrise d’ouvrage, et 6 ou 7 consultants externes chez les partenaires techniques (Compaq et Microsoft). De plus, 40 ASCT des 23 régions SNCF ont validé les concepts et interfaces.
• Un budget d’un équivalent prix public de 1 500 € TTC par poste nomade : 800 € pour l’iPaq et ses modules optionnels, 200 € pour la SDCard et 500 € pour l’imprimante (prix publics approximatifs).

Le démonstrateur n’utilisera que des technologies du marché
Le terminal Accelio utilisé par chaque ASCT comprend :

• Un PDA sous Windows Pocket PC 2002. Deux matériels sont actuellement testés : le Compaq iPaq (PDA standard) et l’Intermec 740 (PDA durci).
• Un module de communication Wi-Fi connecté au PDA pour le relier à des bornes situées dans les gares. La communication ne sert actuellement qu’à synchroniser les informations intégrées au PDA avec les bases de données centrales de la SNCF en prise et sortie de service. Une communication permanente par GPRS est à l’étude. Son adoption permettrait une gestion en temps réel de la billetterie électronique (Ticketless), des autorisations de carte bancaire, etc. Le projet "train communicant", envisagé à l’horizon 2008, transformerait la rame en relais UMTS autant pour Accelio que pour de nouveaux services aux voyageurs. Un module lecteur télébilletique est prévu. Il permettra de contrôler des titres de transport du type Navigo (carte sans contact déployée en Ile-de-France) ou dématérialisés (mémorisés sur la carte Grand Voyageur, par exemple).
• Une imprimante Tec B211 reliée au PDA par une liaison sans fil Bluetooth. Elle génère des billets, reçus ou autres documents à l’apparence de "tickets de carte bancaire".
• Des programmes écrits en VB.Net, l’interface en HTML.
• La partie logicielle embarquée (programmes et bases de données) tient sur une SDCard de 128 Mo enfichée dans le PDA.

Bertrand Lemaire


Voir en ligne : Article du Monde Informatique - 22/11/2002

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