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Échange MP3 contre puissance de calcul...

mercredi 12 mars 2003

Télécharger des fichiers MP3 et rémunérer les artistes sans que l’internaute n’ait à mettre la main au portefeuille. Telle est l’idée que lance la société PGR qui commercialise la puissance des machines des amateurs de téléchargements.

PGR, une jeune société néerlandaise, propose une solution originale qui pourrait partiellement résoudre les problèmes générés par les réseaux d’échanges de fichiers. En effet, même si aucune étude sérieuse n’a été publiée sur les causes des récentes baisses de revenus de l’industrie musicale (une baisse de 9 % en 2002 selon l’association lobbyiste américaine la RIAA), les maisons de disques, soutenues par Hollywood, accusent le peer-to-peer (P2P) de tous les maux. PGR propose donc tout simplement d’échanger du téléchargement de fichiers soumis à des droits d’exploitation contre du temps de calcul. Autrement dit, l’utilisateur met une partie des ressources processeur de sa machine à disposition de PGR, lequel commercialise cette puissance de calcul mutualisée et rémunère ainsi directement les artistes. Du calcul partagé à la manière de Seti@home appliqué au P2P. Il suffisait d’y penser !

PGR BVPGR ne se contente pas d’y penser. La société applique son idée sous forme d’un service d’échange intitulé "The Honest Thief" (le voleur honnête) servi par ThankYou, le logiciel proposé pour gérer le calcul partagé et les échanges de fichiers. Pour le moment disponible en version 1.0 à titre d’évaluation, il se destine aux éditeurs de solutions P2P comme Kazaa ou Grokster. Une version 2.0 est attendue pour le deuxième trimestre. Apparemment, seuls les utilisateurs de Windows bénéficieront de la solution, aucune version pour Linux ou Mac OS n’étant à ce jour prévue.

PGR en profite d’ailleurs pour enfoncer le clou et parle de rémunérer directement les musiciens sans évoquer les maisons de disques. De là à inciter les artistes à se défaire des majors, il n’y a qu’un pas que le fondateur de la société n’hésite pas à franchir. "Nous sommes les premiers, mais certainement pas les derniers, à éliminer les maisons de disques de l’équation", déclare Pieter Plass. Il est vrai que dans le schéma où les artistes mettent directement leurs œuvres à disposition des internautes, les intermédiaires auront tendance à disparaître, même si la réalité n’est pas aussi simple. D’autant qu’aucun détail sur les droits à télécharger qu’ouvrirait telle ou telle puissance de calcul n’est formulé.

Le P2P protégé par les Pays-Bas

Pieter Plass, directeur de PGR et auteur du livre "The Honest Thief"PGR ne risque-t-il pas d’être classé dans le camp des pirates et, à ce titre, d’être menacé de poursuites ? Apparemment non, bien au contraire. La société profite du droit néerlandais, seul pays au monde où le P2P bénéficie d’une jurisprudence favorable depuis que Kazaa y a gagné un procès en appel. "C’est une invitation ouverte aux services de partage de fichiers à venir s’installer aux Pays-Bas", peut-on lire sur le site Web. Pour défendre le P2P, PGR n’hésite pas à lancer le débat. "Débattre du partage de fichiers, c’est débattre de la liberté", estime son fondateur qui ajoute que "restreindre la possibilité de partager est une menace pour nos libertés civiles et nous rapproche d’une société encore plus surveillée."

Au delà de l’approche intellectuelle d’un service pour le moins commercial, le chemin est encore long avant l’avènement du "voleur honnête" comme solution au problème du P2P. Comme toutes les bonnes idées, celle-ci ne s’imposera qu’avec la participation du plus grand nombre, à savoir les éditeurs de solutions P2P, les artistes et les internautes. Et les maisons de disques, quoi qu’en pense PGR.

Christophe Lagane


Voir en ligne : Article de VNUNet.fr - 11/03/2003

Messages

  • Ce qui aurait dû être la killer application visant à légaliser les téléchargements en peer-to-peer s’avère être un canular, dont Vnunet a été l’une des nombreuses victimes. Tout en faisant leur publicité, les auteurs voulaient attirer l’attention sur le problème des échanges de fichiers protégés. Mission accomplie.

    Poisson d’avril ! La solution d’échange de fichiers musicaux contre du temps de calcul, récemment proposée par la société néerlandaise PGR, était une farce. "L’entreprise de partage de fichiers n’était rien d’autre qu’un canular", lit-on sur le site dédié. "Notre premier objectif était d’attirer l’attention sur notre livre : Le voleur honnête", poursuit l’un des auteurs du canular, Pieter Plass. "Deuxièmement, nous voulions confronter le public avec la pratique de voler honnêtement : les outils que tout le monde utilise ont du succès." Sous-entendu, les outils de partage de fichiers de type Kazaa.

    Une histoire mitonnée aux petits oignons

    On ignore si l’objectif a été atteint mais le modèle économique et technique proposé par la société fictive avait retenu l’attention de nombre de médias, notamment du Wall Street Journal qui n’hésitait pas à écrire que "Le voleur honnête" "est un acteur majeur dans le monde du partage de fichiers". Certes, le titre aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Mais le reste de l’affaire était magistralement monté : la puissance processeur de l’utilisateur commercialisée auprès de sociétés de calcul, permettant ainsi d’offrir des revenus aux ayants droit et donc de légaliser les téléchargements de fichiers ; la réglementation néerlandaise qui accorde un sursis à Kazaa ; le site Internet qui informe régulièrement du développement technique de la solution... "Notre histoire a été concoctée comme un mets dans une cocotte-minute : nous avons soigneusement choisi les ingrédients, allumé le feu, attendu patiemment et voilà, le dîner est servi", s’amuse Pieter Plass.

    La révélation de ce canular devrait soulager les maisons de disques mais décevoir les amateurs de partage de fichiers, qui pouvaient voir en une telle solution un moyen de pratiquer leurs activités en toute légalité.

    Christophe Lagane

    Voir en ligne : Article de VNUNet (04/04/2003)

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