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Collectivités locales : L’alternative WiFi

lundi 3 mars 2003

Au regard de la politique du gouvernement qui vise à ce que « toutes les communes de France puissent accéder à l’internet à haut débit, à l’horizon 2007 », le Wi-Fi (Wireless Fidelity) apparaît, aujourd’hui, comme une des technologies alternatives les plus adaptées et simples à implémenter. De nombreuses collectivités devraient s’y lancer rapidement.

Le 13 décembre dernier, lors du CIADT (Comité interministériel d’aménagement du territoire), le gouvernement affirmait que la question de l’accès aux réseaux de communication à haut débit est au cœur du développement des territoires. En effet, cet accès « conditionne de plus en plus l’attractivité, et par voie de conséquence, l’avenir. C’est pourquoi, le président de la République s’est engagé à ce que toutes les communes de France puissent accéder à l’internet à haut débit à l’horizon 2007 ». Le gouvernement estime que les investissements des seuls opérateurs ne permettront pas d’apporter le haut débit à une partie importante du territoire d’accéder au haut débit, « en dépit d’une réglementation ouverte et d’une régulation efficace ».

Nicolas Forissier, député UMP, gérant de PMEAinsi Aujourd’hui, selon un rapport, établi par le député Nicolas Forissier et rendu public en novembre 2002, sur la desserte du territoire par la téléphonie mobile et par internet en haut débit, « 5 % des cantons de notre pays n’ont actuellement aucune perspective de recevoir l’internet à haut débit ». Or, on peut constater une volonté croissante des collectivités locales de prendre des initiatives. Ainsi, la Caisse des dépôts et consignations a recensé près de 130 projets d’infrastructures à haut débit, conçus à leur initiative, majoritairement à l’échelle départementale. C’est pourquoi le gouvernement a choisi de reconnaître aux collectivités locales la vocation à exercer des fonctions d’opérateurs de télécommunications, afin qu’elles puissent se mobiliser en priorité dans les zones où aucune offre d’accès à l’internet à haut débit n’est disponible à brève échéance.

L’Etat souhaite dans ce domaine favoriser l’utilisation de technologies alternatives comme le Wi-Fi, qui « comporte potentiellement de sérieux atouts technico-économiques pour les territoires ruraux » mais aussi des solutions satellitaires qui « atteignent aujourd’hui des niveaux tarifaires abordables », et enfin ou encore des technologies comme les boucles locales radio (BLR) et les courants porteurs en ligne (CPL) et ceci, que ces technologies soient utilisées seules ou en association. Enfin, l’Etat a lancé, en décembre dernier, un appel à projets visant à expérimenter les usages et pratiques, à mieux comprendre les dynamiques locales de lancement de réseaux haut débit et leur association avec des offres commerciales d’accès à internet, mais aussi les pratiques et services nouveaux. Pour réaliser ce projet, le gouvernement a engagé 4 millions d’euros sur trois ans, auxquels viennent s’ajouter 600 000 € de crédits d’étude et d’ingénierie mobilisés par la Caisse des dépôts.

Pour cette dernière, il est positif que l’Etat mette l’accent sur les réseaux alternatifs comme les satellites, les courants porteurs en ligne et surtout le Wi-Fi, Serge Bergamelli, directeur adjoint à la direction des nouvelles technologies, de l’information et de la communication de la Caisse des dépôts, supervisera les chantiers dans le domaine de l’accès haut débit dans les régions. Cette institution estime, en effet, que par ces réseaux, les collectivités locales pourront affiner leurs projets et mieux articuler les réseaux de collectes et d’accès.

Réseaux alternatifs

Les réseaux Wi-Fi, déjà très développés aux Etats-Unis, apparaissent dans ce cadre comme des réseaux alternatifs particulièrement bien adaptés aux collectivités locales qui souhaitent accéder au haut débit. Ce sont des réseaux sans fil qui permettent à un ordinateur portable, un assistant personnel (PDA) ou un téléphone portable peuvent ainsi se connecter, sans fil, à l’internet haut débit et de « dialoguer » avec d’autres périphériques dans un rayon de quelques centaines de mètres. A l’origine, ces réseaux étaient destinés à un usage limité à certains bâtiments publics ou privés. Mais, avec l’autorisation de l’Autorité de régulation des télécoms (ART) de créer de tels réseaux ouverts au public (voir liens en bas de page), de nombreuses collectivités locales ont choisi, face au relatif faible coût et à la rapidité d’implémentation de cette technologie, d’ouvrir de tels réseaux sur leurs territoires. En France, quelques bornes Wi-Fi ont déjà été installées dans des zones strictement délimitées à des bâtiments, comme à l’aéroport de Nice-Côte d’Azur, au Palais des Congrès de la Porte Maillot à Paris, dans un café à Neuilly-sur-Seine, etc. On estime que, d’ici à 2006, quelques 600 bornes Wi-Fi seront installées à travers la France.

Initiatives

Communauté d'agglomération de PauEn France, il existe de nombreux projets de collectivités locales engageant des technologies Wi-Fi, aujourd’hui en France, notamment en Côte-d’Or. Pour illustrer cet article, nous avons choisi de vous présenter l’exemple de la Sarthe et celui de la communauté d’agglomération Pau Pyrénées.
Au printemps prochain, la communauté de communes de Sillé-le-Guillaume (6 700 habitants), dans la Sarthe, expérimentera un réseau Wi-Fi. Dès l’accord de l’ART, prévu en mars prochain, Altitude Télécom (opérateur télécom régional), déploiera un réseau constitué d’une antenne centrale de départ et de six antennes périphériques placées sur les points hauts des communes. Si l’abonné est proche d’une des antennes, il lui suffira d’insérer une carte électronique dans son
ordinateur. Dans les autres cas, il pourra s’équiper d’un petit récepteur qui augmentera légèrement le prix de son abonnement tout en restant inférieur à l’ADSL.

Pour Michel Quillet, président de cette communauté de communes, la performance du Wi-Fi peut être multipliée jusqu’à dix par rapport à l’ADSL. Il souhaite raccorder rapidement 20 % des foyers et faire de cette technologie un outil de développement économique.
Quant à la communauté d’agglomération Pau Pyrénées, trois bornes d’accès à internet sans fil à haut débit Wi-Fi ont été installées, en janvier dernier, à l’aéroport de Pau-Pyrénées, au Palais des Congrès et dans un hôtel de la ville. Cette installation s’inscrit dans le cadre du projet Pau Broadband Country (PBC), lancé par la communauté d’agglomération Pau Pyrénées qui considère que les réseaux de transport voix/données/images relèvent d’une mission d’intérêt général comme les routes. L’objectif de ce programme vise à faire de Pau Pyrénées l’agglomération pilote dans le domaine des usages et modèles économiques associés au très haut débit — 10 à 100 Mégas — et une plate-forme d’accueil des entreprises spécialisés dans ces domaines. La collectivité entend également lancer un véritable média interactif de proximité au service de tous.

Pau Pyrénées entend ainsi participer de l’invention du premier nouveau service public du xxie siècle : la fourniture de réseaux d’information à très haut débit. A ce titre, la construction d’un réseau Gigabit Ethernet est en cours. Dès l’automne, ce réseau permettra la création de plusieurs milliers de prises — 10 mégas et plus — pour le prix de l’ADSL. L’objectif, dans les cinq ans, est de pouvoir desservir plus de 40 000 prises. L’investissement est de l’ordre de 35 millions d’euros.

Tous les établissements scolaires, les mairies et services publics de la Communauté d’agglomération Pau Pyrénées seront connectés dès septembre 2003. Le premier hôtel d’entreprises très haut débit, organisé sur deux pôles, Pau Cité Multimédia et un bâtiment de 8 000 m2, sont d’ores et déjà prêts.

De tels projets devraient se multiplier en 2003. 2004 en sera la concrétisation, tant pour les PME-PMI régionales que pour l’éducation et le grand public, à condition que les cartes additives nécessaires soient vite commercialisées, à des tarifs abordables et pour le plus grand nombre.

L’ART autorise les réseaux Wi-Fi

Le Journal Officiel a publié, le 18 janvier 2003, l’arrêté du ministère de l’Industrie homologuant la décision de l’ART, qui autorise l’utilisation des réseaux locaux sans fil (Wi-Fi) dans des lieux publics. Ces réseaux pourront utiliser des bandes de fréquences comprises entre 2 400 et 2 483,5 MHz, avec des puissances limitées à 10 mW ou 100 mW selon les cas. L’ART poursuit les négociations avec le ministère de la Défense, en vue de l’ouverture de la totalité de la bande entre 2 400 et 2 483,5 MHz, en intérieur et en extérieur, avec une puissance de 100 mW. « Cette ouverture est déjà acquise dans certains départements d’outre-Mer », précise le texte rapportant la décision.
Les puissances d’émission Wi-Fi fréquences dans la bande 2,4 GHz ont été ainsi assouplies dans 58 départements au total. Pour les autres, l’ART rappelle que des dérogations sont possibles, quel que soit le département, dans le cadre des licences expérimentales de réseaux ouverts au public, sous réserve d’un accord préalable, au cas par cas, du ministère de la Défense. L’ART attend de cette décision un développement des offres d’accès au haut débit pour le public, au moyen de bornes installées notamment dans les lieux de passage. Des utilisateurs privés, sociétés ou particuliers, pourront également installer des bornes pour leur usage propre.


- Site de la communauté d’agglomération Pau Pyrénées
- Site de la communauté de communes de Sillé-le-Guillaume
- Site du ministère de l’Industrie


Voir en ligne : Article de Antennes Magazine - Mars 2003-n°165

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