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Brique après brique, Apple construit une alternative de nouveau crédible

mercredi 2 juillet 2003

Xserve, Xserve Raider, Mac OS X à l’appui, Apple entend jouer les challengers face à Windows... et même Linux.

Historiquement cantonné sur le marché des postes de travail, Apple est en train de changer la donne. En l’espace de neuf mois seulement, serveurs et baies de stockage ont fait leur apparition au catalogue du constructeur. « Nous sommes arrivés avec les bonnes technologies, au bon moment, affirme Jean-René Cazeneuve, le directeur général d’Apple France. Nous disposons désormais d’une offre qui doit nous permettre de revenir dans des entreprises qui cherchent une alternative. »

Une alternative non seulement au système d’exploitation de Microsoft, mais aussi à Linux, souvent considéré comme le seul compétiteur de Windows. Voire aux autres systèmes Unix du marché. Mais, pour autant, la firme de Steve Jobs n’entend pas faire preuve d’arrogance vis-à-vis de ses concurrents. « Nous ne cherchons pas les effets d’annonce, tempère ainsi Jean-René Cazeneuve. Nous constituons notre offre à destination des entreprises brique après brique. » En ciblant, dans un premier temps, sa base installée. En l’occurrence, des entreprises ou des établissements issus des secteurs de l’éducation et de la création, ou encore scientifiques.

Des serveurs parmi les moins chers du marché

Première brique de la nouvelle offre d’Apple : le Xserve. Celui-ci se positionne dans la catégorie des serveurs en rack 1U. Il dispose de un ou deux processeurs Motorola PowerPC G4, cadencés à 1,33 GHz, de 2 Go au maximum de mémoire DDR (double débit), et d’une capacité de stockage pouvant être portée à 720 Go via des disques connectables à chaud. Dans l’arène des serveurs, il se mesure, entre autres, au Poweredge 1650 de Dell et au LX50 de Sun ­ deux biprocesseurs Intel Pentium III à 1,4 GHz ­, ou encore au eServer xSeries 335 d’IBM ­ un biprocesseur Intel Xeon à 2,4 GHz.

En commercialisant en février dernier la deuxième génération de Xserve ­ la première date de juin 2002 ­, Apple entendait proposer des machines disposant d’une puissance et d’une capacité de stockage supérieures à celles de leurs prédécesseurs, pour un prix inférieur.

Résultat : côté prix, celles-ci se situent effectivement au même niveau que leurs principaux concurrents... elles sont même moins chères ! Pour réussir cet exploit, la firme de Cupertino a volontairement choisi de serrer son architecture plutôt que ses marges, celles-ci étant réinvesties dans la recherche et développement.

Ainsi, pour le stockage, par exemple, elle a eu recours à des disques IDE plutôt que SCSI. Et, pour la mémoire, « nous avons abandonné l’idée d’utiliser de la mémoire à correction d’erreur (ECC), qui nous semblait être surdimensionnée », explique François Rondeau, directeur des ventes de produits d’Apple France. Mais ces options technologiques sont raisonnées. Elles n’affectent en rien les performances des machines. Bien au contraire...

L’interface IDE des Xserve a ainsi été revisitée, en collaboration avec IBM, pour atteindre un niveau de fiabilité équivalent de celui des interfaces SCSI. Des mesures réalisées par le constructeur lui-même montrent d’ailleurs que les taux de transfert des données sur disque des Xserve sont de deux à trois fois supérieurs à ceux de leurs homologues chez IBM et Dell : 150 Mo/s, contre, respectivement, 78 et 43 Mo/s. « Notre offre nous permet de cibler 50 % du marché des serveurs », affirme Jean-René Cazeneuve.

Un biprocesseur au prix d’un mono-processeur

Bien que limitée pour le moment, l’offre du constructeur américain est effectivement, d’ores et déjà, à même de répondre aux besoins d’un large panel d’entreprises. Y compris de celles en quête de puissance de calcul ­ les centres de recherche, par exemple, qui ont généralement recours à des fermes de serveurs. Et la firme de Steve Jobs ne cache pas son ambition : « Nous avons une carte à jouer dans le monde du calcul », affirme ainsi François Rondeau.

Discrètement ajouté au catalogue du constructeur en mars dernier, le Xserve Node est une configuration spécifique du Xserve, prévue justement pour être montée en cluster, via un lien Firewire. Le Xserve Node n’a ni carte graphique ni lecteur de médias. Il ne dispose plus que d’un disque dur (de 60 Go) au lieu de quatre, et d’un port Ethernet au lieu de deux.

Le retrait de ces composants ­ superflus dans un cluster, un Xserve suffisant à accéder à l’ensemble des ressources de la grappe de serveurs ­ permet ainsi à Apple de proposer des biprocesseurs au tarif de ses modèles d’entrée de gamme, des monoprocesseurs. Soit environ 3 700 euros. Un prix particulièrement compétitif, étant donné la puissance développée par ces machines.

Le gigaoctet à moins de 5 euros

Apple n’a pas non plus négligé la deuxième pièce maîtresse de toute infrastructure informatique : le stockage. Apparu au catalogue du constructeur en février dernier, le Xserve Raid est un système de stockage en rack 3U, qui dispose de quatorze canaux pour disques ATA/100, offrant une capacité maximum de stockage de 2,5 To. Celle-ci peut être redondante grâce aux deux contrôleurs Raid indépendants, comprenant jusqu’à 1 Go de mémoire cache.

Le Xserve Raid est équipé d’une double interface Fibre Channel à 400 Mo/s. Il est naturellement piloté par un Xserve. Comme avec ses serveurs, en matière de stockage, le constructeur californien entend jouer la carte du meilleur rapport prix/performances possible. Le Xserve Raid brigue ainsi la palme du système de stockage le plus compétitif du marché, avec un coût du gigaoctet inférieur à 5 euros.

Pour faire tourner l’ensemble des plates-formes Apple, un seul et unique système d’exploitation : Mac OS. Dans sa toute dernière mouture, ce système apporte des arguments de poids face à Windows, et même à Linux ! De quoi convaincre les entreprises les plus réticentes, pour peu que celles-ci lui prêtent attention... « Notre message est double : nous appartenons au monde Unix, et nous sommes open source », argue François Rondeau.

Au coeur de Mac OS X, le noyau de l’Unix libre FreeBSD 4.4. Le système d’exploitation d’Apple dispose, par ailleurs, de GCC3.1, un compilateur également issu du monde du logiciel libre. Mac OS X intègre les protocoles de sécurité IP version 6 et IPsec. Totalement compatible avec les réseaux Windows, il supporte les protocoles SMB (Server Message Block), PPTP (Point to Point Tunneling Protocol) et les réseaux privés virtuels. Open Directory, son service d’annuaire LDAP, communique même sans difficulté avec Active Directory, le service d’annuaire de Windows.

Étendre le réseau des revendeurs et changer les mentalités

Véritable système d’exploitation multitâche préemptif, Mac OS X brille par ses performances et sa stabilité. Cerise sur le gâteau, il est le seul Unix du marché à disposer d’une mouture spécifique de la suite bureautique Microsoft Office. Mais, pour faire des économies, les utilisateurs pourront, bien évidemment, lui préférer un Star Office de Sun...

Néanmoins, aussi alléchante que soit la nouvelle offre d’Apple, le constructeur va tout de même devoir faire un effort pour convaincre de nouveaux clients. « Il nous faut davantage de revendeurs, souligne François Rondeau. Ne serait-ce que pour consolider notre image au niveau des serveurs. » Un pari ambitieux !

D’autant que « pour choisir un Mac, un directeur informatique doit faire preuve d’une certaine vision, de beaucoup de personnalité et d’indépendance » , reconnaît Jean-René Cazeneuve. Reste donc à voir, maintenant, combien de nouvelles entreprises oseront croquer la pomme... Affaire à suivre !


Produits : une offensive également logicielle
Avec le système d’exploitation Mac OS X, Apple propose un véritable Unix à la fois pour ses serveurs, mais également pour ses postes de travail. « Nous sommes le premier fournisseur Unix en nombre d’ordinateurs vendus » , se targue Jean-René Cazeneuve, directeur général d’Apple France.

Une position que le constructeur souhaite renforcer. La prochaine version de Mac OS X, répondant au nom de code de Panther, sera d’ailleurs présentée à San Francisco ce mois-ci, au cours de l’édition 2003 de la conférence mondiale des développeurs Apple.

Autre logiciel à succès : Safari, le navigateur internet pour Mac. Rendu disponible en version bêta en janvier dernier, deux semaines auront suffi pour qu’il soit téléchargé à un million d’exemplaires. Le logiciel demeure néanmoins, pour le moment encore, cantonné à l’univers Apple.

Et pour ce qui est de son éventuel portage sous Windows, s’il ne le dément pas formellement, le directeur général d’Appel France rappelle tout de même qu’Apple a pour vocation première d’être un constructeur, et non un éditeur de logiciels.


Jean-Marie Portal


Voir en ligne : Article de 01Net - 01/07/2003

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