Trois semaines après son lancement, les ventes du N-Gage sont limitées, mais conformes à la stratégie du constructeur finlandais qui s’inscrit dans la durée. Noël sera déterminant, selon les analystes qui notent toutefois un problème de positionnement.
Lancé dans 60 pays depuis le 7 octobre, le N-Gage de Nokia, un téléphone portable combiné à une console de jeux, a totalisé 400.000 ventes, selon le constructeur finlandais. Un résultat en retrait par rapport aux 540.000 Game Boy Advance que Nintendo avait écoulées rien qu’aux Etats-Unis, une semaine après sa sortie en 2001.
« Il est trop tôt pour dire s’il s’agit d’un lancement réussi ou non pour un appareil hybride, qui entre en concurrence à la fois sur le marché de la téléphonie mobile et sur celui des consoles portables », estime Estelle Meimoun, analyste "marketing loisirs interactifs" de la société d’études GFK. « Il faut attendre les ventes de Noël, qui seront le vrai indicateur », poursuit-elle.
Contacté par ZDNet, John Taylor, analyste de la société d’études américaine Arcadia Investement Research, nous a assuré, quant à lui, que seulement 5.000 unités auraient été vendues aux États-Unis la première semaine, d’après une enquête qu’il a menée auprès des principales chaînes de magasins américaines.
Chez Nokia France, on se veut confiant. « Ce démarrage est encourageant et conforme à ce que l’on attendait », assure Laurent David, responsable de la division divertissement. « Certains canaux de distribution, comme la Fnac, ont démarré mieux que d’autres », concède-t-il en précisant que la stratégie de Nokia s’inscrit dans la durée. L’objectif affiché est de vendre six millions d’unités lors des deux prochaines années. « Notre arrivée sur ce marché n’est pas un sprint, mais une course de fond. »
Une clientèle encore difficile à identifier
À la Fnac Digitale, située boulevard Saint-Germain à Paris, une vingtaine de N-Gage ont été vendus depuis le lancement. Un volume que le distributeur juge satisfaisant. Commercialisé au prix de 300 euros sans abonnement, le prix du N-Gage descend à 99 euros en coffret chez SFR avec 12 mois d’engagement. Quant aux jeux, coédités par Nokia, ils sont disponibles entre 40 et 50 euros. Des tarifs qui s’adressent, a priori, à un public de jeunes adultes aisés, comme l’a anticipé Nokia.
Ce que contredit toutefois un vendeur de la Fnac qui nous a expliqué que la majorité des acheteurs du N-Gage était des adolescents d’une quinzaine d’années, dont les parents ont payé la machine.
« Il faudra que Nokia et ses canaux de distribution parviennent à un positionnement plus identifiable de l’appareil », estime Estelle Meimoun. « Sa principale caractéristique est justement d’être un appareil hybride, l’avenir dira si cela était un avantage ou un inconvénient », conclut l’analyste.
Lire le test de N-Gage par ZDNet.
Christophe Guillemin
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