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Adobe acquiert Macromedia pour contrer l’hégémonie de Microsoft dans les logiciels

jeudi 21 avril 2005

Les grandes manoeuvres continuent dans le secteur du logiciel aux Etats-Unis. Lundi 18 avril, l’éditeur américain de logiciels de bureautique et d’images Adobe a annoncé l’acquisition de Macromedia, éditeur de logiciels de vidéo et animation sur le Web, pour 3,4 milliards de dollars (2,61 milliards d’euros), par échange d’actions.

Cette somme très élevée ­ plus de huit fois le chiffre d’affaires de Macromedia ­ est le reflet aussi bien des bonnes perspectives de croissance et de rentabilité de ce secteur que du grand nombre de fusions et d’acquisitions qui a fait monter les prix récemment.

Conclue en décembre 2004 après plusieurs relèvements de son offre pour un montant de 10,3 milliards de dollars, la bataille boursière qu’a menée Oracle, éditeur de progiciels (logiciels gérant le système d’information des entreprises), pour s’emparer de son concurrent PeopleSoft a réveillé les appétits.

Ainsi, en décembre 2004, Symantec, fabricant de logiciels de sécurité (comme l’antivirus Norton), n’a pas hésité à débourser 13,5 milliards de dollars (en actions) pour reprendre la société américaine de logiciels de stockage Veritas Software, soit plus de sept fois son chiffre d’affaires.

En mars, alors que l’allemand SAP, numéro un mondial des progiciels, lançait une offre d’achat amicale sur Retek, une société américaine spécialisée dans les logiciels et services de commerce, pour 335 millions de dollars, son rival Oracle a surenchéri et l’a emporté à 630 millions.

En mars également, IBM a mis sur la table 1,1 milliard de dollars, pour avaler l’éditeur de logiciels d’intégration de données pour les entreprises Ascential, soit près de cinq fois le chiffre d’affaires de ce dernier.

La logique est claire : le marché mondial des logiciels est encore très émietté, derrière Microsoft, en situation de quasi-monopole sur les systèmes d’exploitation et les logiciels de bureautique pour PC. Pour faire face au géant, qui cherche toujours à étendre sa domination, les acteurs déjà importants veulent s’étoffer davantage pour conserver leur place. Microsoft est en effet venu chasser sur les terres des logiciels spécialisés d’entreprises avec le rachat de son compatriote Great Plains aux Etats-Unis en décembre 2000, et du danois Navision en mai 2002, dans le domaine des logiciels de gestion. Il a même mené des négociations pour racheter SAP en 2003. Du coup, Oracle n’a eu de cesse d’élargir sa taille critique pour mieux barrer la route à la firme de Bill Gates.

D’autres, par leurs acquisitions, cherchent moins à gagner des parts de marché en avalant les concurrents qu’à attaquer de nouveaux marchés en rachetant des sociétés aux activités complémentaires.

C’est le cas d’Adobe et Macromedia. Le premier est devenu célèbre avec son format de fichiers PDF, qui permet de lire tous les documents dans leur forme d’origine. En rendant le logiciel de lecture, Acrobat Reader, gratuit, Adobe a fait du PDF un standard. Il édite aussi d’autres logiciels très populaires tels Illustrator et Photoshop. Macromedia a adopté une stratégie similaire avec ses produits phares Flash et Shockwave, qui permettent de créer et diffuser des animations et vidéos sur les sites Internet. Là aussi, la mise à disposition simple et gratuite des applications de lecture a permis à Macromedia d’imposer ses logiciels auprès des internautes. Acrobat Reader comme Flash seraient présents sur plus de 70 % des ordinateurs de la planète.

Certes, le rapprochement de ces deux entreprises aboutit à un nouveau groupe qui, avec 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires prévu pour fin 2005, devrait devenir le sixième éditeur mondial. Mais pour Bruce Chizen, le PDG d’Adobe, la taille est moins importante que les synergies : "L’intégration de nos deux gammes permet de fournir aux clients tous les éléments nécessaires à la création, la gestion et la diffusion des documents numériques sur tous les systèmes et sur toutes les plates-formes."

Macromedia pourra profiter du fichier clients d’Adobe pour mieux proposer ses applications dans les entreprises ; et Adobe bénéficiera de la pénétration de Macromedia dans le monde du haut débit sans fil (téléphonie 3G, Wi-Fi...), où les besoins de création audiovisuelle sont importants.

Mais l’objectif reste toujours le même : se défendre contre Microsoft. En effet, dans sa nouvelle version de Windows, baptisée Longhorn et prévue pour 2006, le numéro un mondial du logiciel compte mettre en place un format de "document universel", destiné à détourner le PDF. Le nouveau système d’exploitation devrait aussi intégrer ses propres outils d’animation audiovisuelle.

Gaëlle Macke


Voir en ligne : Article paru dans Le Monde - édition du 20/04/2005

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