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Adieu Infogrames, qui se rebaptise Atari

jeudi 8 mai 2003

L’éditeur français de jeux vidéo change de nom pour devenir Atari, marque emblématique du monde des jeux informatiques. Un changement de bannière avant tout imposé pour des raisons de notoriété commerciale.

« Infogrames bonj... euh, pardon, Atari France bonjour ! » Même le standard téléphonique de l’éditeur et distributeur de jeux vidéo français en perd ses petites habitudes. C’est que le secret était bien gardé : à compter de ce mercredi 7 mai, le nom commercial d’Infogrames est rayé de la carte pour prendre celui d’Atari. Marque mythique créée en 1972, Atari a cédé ses droits de propriété à de nombreuses reprises ; la dernière fois en janvier 2001 lorsque le géant américain du jouet Hasbro les vendait à Infogrames.

C’est d’abord un coup marketing, puisque l’éditeur français choisit d’annoncer la nouvelle en lançant un jeu basé sur le film déjà culte Matrix 2. Mais les motivations exactes de cette décision, comme les conséquences directes sur le sort de la société de Villeurbanne, dont 60% des emplois ont été supprimés l’an dernier, ne sont pas d’une limpidité absolue...

Seul le holding Infogrames Entertainment n’est pas rebaptisé

Première conséquence directe : toutes les filiales et divisions du groupe sont désormais rebaptisées (Atari France, Atari Interactive Inc, etc.), dont la plus symbolique, la filiale américaine (Atari Inc). À l’exception du holding Infogrames Entertainment, qui consolide les comptes du groupe, et garde sa dénomination et son code Euronext "5257" à la Bourse de Paris.

Une exception française qui ne se justifie que par les contraintes propres à la cotation boursière. Sans cela Infogrames n’aurait pas été une seule fois prononcé par Bruno Bonnell, le toujours P-DG d’Infogrames Entertainment, qui s’exprimait ce matin lors d’une conférence de presse téléphonique.

« Un changement de dénomination à la Bourse de Paris nécessite en effet la convocation d’une assemblée générale, ce qui entraîne des délais important. Cette question sera donc étudiée lors de la prochaine session en septembre. Mais à terme la marque Infogrames disparaîtra », nous a indiqué Bruno Bonnell.

« Cette décision, prise il y a plusieurs mois, résulte de la volonté d’utiliser une marque forte pour améliorer notre notoriété et donc notre valeur », a-t-il dit à cette occasion. « Nous avions une notoriété importante en France mais plus faible en dehors de l’Hexagone. Atari est synonyme de jeu vidéo dans le monde entier, quelle que soit la langue parlée, et jouit d’une incroyable notoriété au niveau mondial (...) En choisissant Atari comme signature, nous confirmons notre volonté de jouer un rôle majeur dans le secteur », a-t-il martelé.

Préparer un éventuel rachat par Microsoft ?

Reste que dans les milieux financiers, depuis plusieurs mois les rumeurs courent sur un possible rachat du groupe aux États-Unis, notamment par Microsoft. Le changement de dénomination faciliterait cette opération, Atari Inc est désormais "opérable", remarquent les analystes boursiers. « Le rachat d’Infogrames est un vieux serpent de mer, mais il n’y a pas actuellement de fondement à une acquisition du groupe », a déclaré Bruno Bonnell répondant à une question ZDNet.

Ce qui est certain, c’est que l’ex-Infogrames prend ses distances vis-à-vis de ses origines françaises et de sa base lyonnaise. « Nous nous développons effectivement de plus en plus à l’étranger, mais il n’est pas question de quitter la France. Cependant, 65% du marché des jeux vidéo est aux États-Unis, la structure du groupe devait donc refléter cette réalité économique », a conclu le responsable d’Atari.

Christophe Guillemin


Voir en ligne : Article de ZDNet - 07/05/2003

Messages

  • C’est l’avis de nombreux salariés de l’entreprise de Villeurbanne, ex-fleuron de la "french touch" du jeu vidéo. Pour l’un des représentants du personnel, se rebaptiser Atari n’est qu’un prétexte. La création a déjà déménagé aux USA.

    « À terme, je pense que la France ne sera plus qu’un simple bureau de vente », prédit Stéphane Valour, délégué syndical CFDT d’Infogrames Entertainment, premier éditeur de jeux vidéo français, dont les filiales ont été rebaptisées Atari la semaine dernière. Pour le responsable syndical, la délocalisation à petit feu de son entreprise ne fait aucun doute.

    Bruno Bonnell, le P-DG du groupe, qui dément toute velléité de cette nature, ne cache pourtant pas sa stratégie axée vers les États-Unis. « Nous nous développons effectivement de plus en plus à l’étranger, mais il n’est pas question de quitter la France. Cependant, 65% du marché des jeux vidéo est aux États-Unis, la structure du groupe devait donc refléter cette réalité économique », nous avait-il indiqué le 7 mai, lors d’une conférence téléphonique consacré au changement de nom d’Infogrames.

    La création a déjà été délocalisée aux États-Unis

    La gestion des effectifs montre clairement la tendance. Infogrames Entertainment emploie actuellement 1400 personnes dans le monde, dont 50% aux États-Unis. Avant les restructurations européennes de 2002, les effectifs étaient de 1800 personnes répartis à 60% en Europe et à 40% outre-Atlantique. En France, le "plan de sauvegarde de l’emploi" initié en octobre 2002 prévoit de réduire le personnel de 55%, pour tomber aux alentours de 190 salariés.

    Par ailleurs, la politique de création d’Infogrames parle d’elle-même. Aujourd’hui, ses titres sont presque tous développés aux États-Unis par une dizaine de petits studio comme Shiny Entertainment ("Enter the Matrix") ou Paradigm Entertainment ("Terminator 3") dont le capital appartient à 100% à Infogrames. L’ensemble des activités de développement a été fermé en Europe depuis au 2002. Il n’y a plus de studio interne en Allemagne et au Royaume-Uni, nous a indiqué le service de presse d’Atari France, dont le siège social est à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise.

    Et le studio historique français est en train de fermer...

    Même scénario en France, berceau de l’entreprise, où la création a été totalement externalisée. Le studio historique français est en cours de fermeture, nous révèle Stéphane Valour ; une information que la direction nous a confirmée aujourd’hui 12 mai. L’ensemble de l’équipe de création, comptant environ 70 personnes, fait partie du dernier plan social d’octobre dernier, dans lequel 280 postes sont en voie de suppression.

    Un studio demeure cependant dans le giron d’Infogrames dans l’Hexagone. Baptisé Eden, il s’agit d’une filiale à 100% d’Infogrames (avec notamment des anciens du studio interne), à qui l’on doit la série des simulations automobiles "V-Rally".

    « Nous regrettons que la direction fasse plus confiance à des studios américains que français », commente Stéphane Valour. Et d’ajouter que « les conditions de travail sont bien évidemment plus maléables aux États-Unis », parlant de « management de type Kleenex ». En clair : si un studio réalise un jeu à succès il poursuit son activité, sinon il ferme et un nouveau est créé sur un autre projet.

    Enfin, dans cette perspective de délocalisation, les syndicats craignent un autre plan social en France. « Si la France n’est plus qu’un bureau commercial, il n’y aura plus besoin d’autant de personnes ici chez Infogrames [à Villeurbanne] et encore moins chez Eden, pour lequel nous avons les plus grandes craintes », conclut-il.

    Voir en ligne : Article de ZDNet - 12/05/2003

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